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13 septembre 2022

BAROMÈTRE CIRANO 2022: La perception des risques au Québec

  → Supplément thématique - Économie → Supplément thématique - Santé publique → Supplément thématique - Système de santé   L’édition 2022 du Baromètre CIRANO se concentre sur les résultats de l’enquête administrée en ligne du 28 juin au 4 juillet 2022 à un échantillon de 1000 répondants, représentatif de la population du Québec. Cette dernière enquête a été réalisée alors que le Québec connaît un niveau d’inflation plus élevé qu’au cours des quelques trente dernières années, mais aussi sur fond d’une guerre en Ukraine avec tous les effets de déstabilisation qui s’ensuivent, comme la hausse des prix de l’énergie reflétés dans l’inflation ou bien encore la fébrilité des marchés financiers. Les préoccupations des Québécois présentées dans ce rapport sont d’ailleurs le reflet de ce contexte. En outre, bien que la majorité des restrictions sanitaires aient été levées au cours des derniers mois, l’année 2022 marque bien entendu une continuité de la pandémie de la COVID-19, caractérisée par avec un nombre de décès en date de septembre 2022 déjà supérieur à celui de l’année 2021. Ce sont les conséquences économiques de la pandémie qui se font aussi désormais fortement sentir à travers le ralentissement des chaînes d’approvisionnements et les pénuries de main-d’œuvre. Les auteurs ont donc gardé en trame de fond, et ce, tout au long de leurs analyses, les conséquences humaines et économiques qui se dégagent de cet environnement incertain et qui bien entendu teintent les perceptions des Québécois. Ainsi, bien qu’il soit important de faire ressortir les différences de perceptions entre 2022 et 2021, nous nous sommes également penchés sur les évolutions entre 2018, dernière enquête prépandémique, et 2022. Extrêmement dense en informations de tout ordre, le Baromètre CIRANO 2022 trace un portrait assez évocateur des priorités des Québécois ; en voici ici les faits les plus marquants.   Pour la première fois depuis la première collecte du Baromètre CIRANO en 2011, les enjeux économiques et financiers prennent la tête des préoccupations personnelles des Québécois détrônant ainsi les enjeux reliés au système de santé À chaque édition du Baromètre CIRANO, les personnes interrogées doivent identifier leurs deux principales préoccupations sur le plan personnel et sur le plan collectif parmi une liste de dix grands enjeux, incluant notamment la santé, l’environnement, l’économie, les risques industriels, les innovations, les infrastructures, les projets publics ou encore la sécurité. Bien que les trois principales préoccupations sur le plan personnel restent les mêmes depuis 2011, leur classement est différent pour la première fois cette année : 49 % des Québécois ont choisi les risques économiques et financiers dans leurs deux principales préoccupations, en hausse de 10 points par rapport à 2021. Les risques reliés au système de santé viennent ensuite, avec une proportion de 47 %, en hausse de 5 points. Les risques environnementaux et reliés aux ressources énergétiques figurent parmi les deux principales préoccupations de 29 % des Québécois, en baisse de 4 points par rapport à 2021. Cette baisse relative est en lien direct avec la très nette et très forte progression des risques perçus pour les enjeux économiques et financiers et pour les enjeux reliés au système de santé. Sur le plan collectif, ce sont les trois mêmes enjeux qui occupent le haut du palmarès, mais dans ce cas, les risques reliés au système de santé viennent avant les enjeux économiques et financiers : 45 % des Québécois ont choisi la santé dans leurs deux principales préoccupations pour le Québec (en hausse de 4 points par rapport à 2021) et 32 % ont choisi l’économie (en hausse de 14 points). La hausse des préoccupations entre 2021 et 2022 pour les enjeux économiques coïncide avec une période d’incertitude économique et financière importante pour le Québec, se manifestant entre autres par une perte de pouvoir d’achat.   Des préoccupations différentes selon la région, le sexe et l’âge Sur le plan personnel, les habitants de la région métropolitaine de Montréal sont moins préoccupés que les habitants des autres régions (hors région métropolitaine de Québec) par les risques économiques et financiers (43 % contre 55 %) et par les risques naturels. En revanche, ils sont plus préoccupés par la sécurité que les habitants des autres régions, sur le plan collectif, mais aussi sur le plan personnel (à hauteur de 15 % pour les habitants de Montréal contre 8 % pour les autres régions). Les habitants de la région métropolitaine de Québec sont les plus préoccupés, que ce soit sur le plan personnel ou collectif, par les risques reliés aux infrastructures de transport . Sur le plan collectif notamment, 36 % des habitants de Québec RMR sont préoccupés par les risques reliés aux infrastructures de transport, contre 15 % des résidents de Montréal RMR et 13 % des habitants des autres régions. Les femmes sont plus préoccupées sur le plan personnel que les hommes par les risques reliés au système de santé (51 % contre 42 % des hommes) et par les risques reliés à la santé publique (28 % contre 21 % des hommes). Les répondants de plus de 55 ans sont davantage préoccupés par les risques reliés au système de santé sur le plan personnel. En revanche, pour les risques économiques et financiers, ce sont les moins de 35 ans qui sont les plus préoccupés, tant sur le plan personnel que collectif.   Bien que l’engorgement des urgences fasse encore partie des trois enjeux perçus comme les plus risqués en 2022, deux nouveaux enjeux de nature économique font partie du top 3 pour la première fois cette année : la hausse du coût de la vie et le prix de l’essence 85 % des Québécois perçoivent la hausse du coût de la vie et des taux d’intérêt comme un grand ou très grand risque (+21 points par rapport à 2021) et c’est 82 % pour le prix de l’énergie (essence) (+23 points par rapport à 2021). Parmi les enjeux perçus comme très risqués, on retrouve majoritairement des enjeux socioéconomiques et reliés aux finances publiques ou encore des enjeux reliés au système de santé.  D’ailleurs, les niveaux moyens de risque perçus en 2022 pour les deux enjeux ayant trait au système de santé sont les plus élevés de toutes les précédentes éditions du Baromètre CIRANO et retrouvent leur niveau de 2011 : 83 % des Québécois perçoivent des risques élevés pour l’engorgement des urgences et 77 % pour l’accès aux services de santé. En revanche, la confiance pour les enjeux reliés au système de santé est globalement meilleure en 2022 que dans toutes les éditions du Baromètre CIRANO depuis 2011 (et de surcroit meilleure qu’en 2018, année la plus proche prépandémique), sauf en 2021. Marquée par la COVID-19, l’année 2021 avait été une année où tous les niveaux de confiance, peu importe l’enjeu, étaient beaucoup plus élevés que pour toutes les précédentes éditions. Les changements climatiques ne font plus partie cette année des trois enjeux perçus comme les plus risqués comme c’était le cas en 2021, mais le niveau moyen de risque perçu demeure très élevé et significativement plus élevé qu’en 2018.   La vaccination, la production d’énergie à partir de sources éolienne ou solaire et l’immigration sont les trois enjeux pour lesquels l’acceptabilité sociale de la population est la plus forte Plus des trois quarts de la population se dit très ou moyennement favorable à ces 3 enjeux.  Alors que le contexte pandémique a entrainé une augmentation du risque perçu associé à la vaccination, la population semble avoir mesuré l’ampleur des bénéfices collectifs reliés à cet enjeu, puisque l’acceptabilité sociale envers la vaccination n’a jamais été aussi élevée que ces deux dernières éditions du Baromètre. Les Québécois sont très cohérents dans leurs réponses : pour tous les enjeux pour lesquels ils sont opposés, le niveau de risque perçu est supérieur au niveau de bénéfices perçus et le niveau de confiance est relativement faible. Inversement, pour tous les enjeux pour lesquels ils sont favorables, les bénéfices perçus sont supérieurs aux risques perçus et la confiance est plus élevée.   La pandémie a indubitablement exacerbé certaines préoccupations et les risques perçus ainsi que le niveau de confiance envers le gouvernement pour gérer certains enjeux présentent souvent un effet « boomerang » entre 2018 et 2022  La stricte comparaison des données de 2021 avec celles de 2022 peut cacher l’évolution réelle des perceptions. En effet, le Québec était en plein cœur d’une pandémie lors de l’édition 2021 du Baromètre et dans ce contexte, bien souvent, certaines préoccupations sont exacerbées. Bien que l’on constate une diminution de la confiance globale entre 2021 et 2022, il semble pourtant qu’en 2022, alors qu’on semble sortir de la pandémie, le niveau de confiance soit plutôt revenu au niveau de 2018 voire s’est amélioré dépendamment des enjeux. En ce qui concerne le risque perçu, certaines perceptions se sont confirmées à travers le temps, surtout pour les enjeux économiques : la tendance à la hausse amorcée en 2018 s’est poursuivie en 2022. En revanche, on remarque le plus souvent un effet « boomerang » pour les perceptions. Pour les enjeux en lien avec la santé, il y a eu une baisse du niveau de risque perçu entre 2018 et 2021 puis le risque a augmenté en 2022, pour atteindre des niveaux de risque généralement plus élevés qu’en 2018. En ce qui concerne la confiance dans le gouvernement, après une amélioration entre 2018 et 2021 pour les enjeux de santé et d’économie, celle-ci a diminué cette année et retrouve un niveau proche du niveau prépandémique de 2018.   Un besoin d’améliorer le niveau de littératie des Québécois en économie Ceux qui ne savent pas évaluer le niveau de risque pour l’endettement des ménages ont presque 7 fois plus de chances d’être préoccupés par les risques économiques et financiers. Ce résultat ainsi que d’autres perceptions du Baromètre en lien avec les enjeux économiques témoignent d’un besoin d’améliorer le niveau de littératie en économie des Québécois. La source d’information utilisée est aussi capitale dans ce contexte. Par exemple, ceux qui s’informent beaucoup auprès des gouvernements ont environ 2 fois moins de chances d’être préoccupés par les risques économiques et financiers.

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